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lundi 13 juin 2011

D I T H Y R A M B E .



Bien sûr j'aurais pu être délicate, et tu aurais eu pour moi ce regard qu'on les garçons pour les filles qu'ils peuvent briser. J'aurais emprunté à tes doigts des caresses que je ne mérite pas. J'aurais joué la gosse joliement blessée, meurtrie avec douceur. Pas celle qui déconne la nuit. Pas celle qui éclate les assiettes contre le mur. La donne aurait rudementchangé.

Je flanche. Je ronge mes os. Je suis un monstre en cage. J'ai la haine contre mes barreaux. Je grogne la nuit. Je sais que tu vis.

On ne quitte pas les gens. Ils nous donnent des raisons de les laisser partir. Où est-ce que j'ai perdu le contrôle des choses. A quel moment j'ai pu me faire croire que j'étais mieux qu'une autre. Ca n'en valait pas la peine. Maintenant il n'y aura plus de zéro d'où partir. J'aurais dans tes yeux cet éternel goût de névrosé. Oui, toi tu me goûtais des yeux. J'ai cru un instant que je pourrais fuir ma condition. Gueule contre terre. J'ai aimé le mirage.

J'inspire. Je danse. Je me tue. Je te laisse croire que je vais mieux. J'ouvre un oeil vitreux. Je ne crois plus en tout ça. Je suis foutue, crevée.

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