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jeudi 7 juillet 2011

J'ai rêvé que je noyais.

Voilà, je n'arrête pas de pleurer. Je n'arrive pas à empêcher mes yeux de laisser couler de grosses larmes qui viennent lâchement s'écraser contre mes lèvres.
Ma mère m'a demandé si je me droguais, ça expliquerait mon agressivité des derniers mois.
Ma mère en est venue à demander à sa fille si son sang était bourré de merde.
Ouais, je sais pas d'où ça vient, toute cette haine, toute ce rejet de l'autorité, des règles, toute cette instabilité.
Je lui ai dit que j'avais toujours été comme ça, mes yeux ont commencé à se gonfler d'eau, et mon menton à trembler. Elle m'a dit "tu vois, si tu pleures, c'est que quelque chose ne va pas. Dis moi, qu'est-ce qu'il va pas ?"


Tu veux que je te dise ce qui ne va pas Maman ?
Ca ne va pas, parce que le garçon que j'aimais s'est tiré du jour au lendemain, avec comme seule explication le fait que je l'ai déçu. Je ne sais pas où il est, ce qu'il fait, qui il approche. Maintenant, je cotoie des tas de mecs, en même temps, dont je ne me souviens plus les prénoms, et chaques soirs, je me dis qu'ils pourraient peut-être me sauver, peut-être m'ouvrir les yeux. Ca ne va pas, parce qu'en deux mois j'ai dû faire le mur tous les vendredis soirs. Ca ne va pas, parce que je suis pas à la hauteur, parce que j'ai plus assez de tune pour acheter un foutu cadeau d'anniversaire à ma soeur. Que je suis la première à me faire anarquer par tout le monde. On me parle et je gobe tout bêtement, je suis fascinée par celui qui parle, et que je finis comme toujours les fesses par terre, à me demander comment j'en suis arrivée là. Ca ne va pas parce que je fais vivre un véritable enfer à ceux qui m'approchent, ceux qui essayent de me rassurer. Parce que ce n'est pas eux que je veux, je ne veux pas d'eux. Je sais que ceux qui je veux ne sont pas ou plus là, à côté de moi. Je ne les interesse plus, je les ai déçu, aussi, je les ai fait fuir, je ne les mérite pas.
Ca ne va pas, parce que j'ai beau avoir réussi mon année, j'ai beau te ramener des notées plaquées or sur des bulletins, jamais je ne serai satisfaite de ce que je fais. Ca ne va pas parce que ma chambre est un bordel de monstre, mes robes, mes livres, mes bijoux s'entassent sur un coin de bureau. Je ne sais pas où donner de la tête, je ne sais pas pour quel projet je dois me battre, ni comment m'y prendre. Je suis comme une gamine à qui on refuse un jouet, je tape une colère, pleure puis voudrait se réfugier dans des bras. Mais les seuls bras que je souhaite sont ceux d'un connard qui s'est barré à l'autre bout de la France.

J'ai regardé par la fenêtre en pleurant. "Je dois faire quoi Emeline, dis moi ?" J'ai répondu rien. Ne fais rien. Tout ira bien.

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