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lundi 4 juillet 2011







Est-ce que tu es capable de ça ?



Je revois ton visage, au ralentis, s'approcher du mien. Ta bouche s'ouvrir, et je revois tes yeux plissés par la colère, les mots sortent comme des coups de poignard. Tu m'attrapes la tête entre tes mains. Tu hurles "Pourquoi t'as fait ça ? Hein, pourquoi t'as fait ça ? Tu m'prends pour qui ? Réponds moi, p'tite garce !"


Je te réponds de me lâcher, que tu me fais mal. J'ai les larmes aux yeux, mais je ne sais pas si c'est de peur ou de défonce. Même déchiré de douleur, ton visage me fascine. Tes lèvres sont pulpeuses, ton nez légèrement large, ça te donne cet air sévère je pense. Ta barbe parait mal rasée, et tes pupilles dilatées. Qu'est-ce qu'il va nous arriver ? Est-ce qu'on peut tomber plus bas ? "Regarde moi bien ! Regarde moi bien ! Je me tire Emeline !"


Et oui, tu pars, ton verre de bière à la main, en plein festival. Tu pousses les gens, renverse la moitié de ce verre sur eux, tu regardes tes pieds. Je te suis en courant, et te disant d'attendre, que je peux expliquer. Dans ma tête, je pense à toutes les excuses que je pourrais te sortir, mais rien ne vient, j'ai des papillons dans le ventre, le sang tout chaud, ça me fait rire, de courir après, comme si tu étais l'homme de ma vie. Je te retrouve écroulé par terre, en pleurs. Et là, c'est le moment où je m'en veux. J'enfonce mes doigts dans tes cheveux, t'embrasse la joue et te dis de me suivre, qu'on va aller s'assoir, plus loin, loin du monde, qu'on va parler, s'expliquer, qu'on peut tout repeindre en blanc.
On y croirait presque, perdus cette nuit, au milieu de neuf mille personnes.

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